Bonjour à tous,

Je m’étais promis un courriel hebdomadaire et ce fut impossible. Ce courriel sera donc mensuel. Vous êtes invités à y participer en apportant votre contribution, vos articles, vos critiques et vos informations. Il suffit d’y répondre.
Pour plus de simplicité, nous avons abandonné l’organisation de lecture à partir de liens, ceci n’étant pas assez rentré dans les habitudes de lecture et cela prend du temps (surtout quand on est surchargé de messages quotidiens).
Merci à tous ceux qui nous ont exprimé leur intérêt. Si au contraire nous vous importunons, vous avez la possibilité de vous retirer de notre fichier en cliquant sur le lien suivant : contact@motsdepass.com

Très cordialement à vous tous dans l’attente de vous rencontrer chez Mots de Pass’ à Bourges ou chez artLIGRE à Paris.

Bruno Siméon

Informations de nos activités : www.artligre.com  www.motsdepass.com
Pour retrouver nos courriels précédents : rubrique événements sur le site motsdepass

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Année du Mexique

Le boycott est toujours une idiotie. On ne résout rien en ne se parlant pas et c’est la plus grande des hypocrisies car, si la parole est publique, les transactions, les arrangements, les marchés d’état sont le plus souvent secrets et ne sont donc que rarement touchés par le boycott. Selon Pessoa, empêcher  les échanges humains c’est déjà se faire la guerre.., c'est-à-dire pousser les peuples les uns contre les autres, tandis que les états commercent dans l’affrontement ou jouent à la surenchère.
Quand on commence à réglementer les échanges culturels, on n’est pas loin de réglementer les échanges humains. Alors les dictatures seront bien tranquilles dans leur pré carré. Faut-il pour autant ne rien dire et laisser faire, de peur d’en arriver là ?
Non bien sûr et tout au contraire, c’est en ouvrant ses portes, en accueillant plutôt qu’en professant des leçons, que nous apprendrons à vivre ensemble; ce qui ne nécessite pas de vivre selon les mêmes habitudes.
Une fois encore la proximité, la confrontation vivante sont plus positives que le parler haut et la crispation des egos. N’est ce pas dans la rencontre et particulièrement dans la rencontre des intellectuels et des artistes que la compréhension peut avoir lieu et les critiques entendues ?
En participant à l’année du Mexique en France, à notre niveau citoyen, nous ne pensions pas cautionner une célébration institutionnelle d’état à état. Notre attitude était plus simple et plus vraie, nous voulions profiter de cette occasion pour témoigner de notre intérêt pour une autre culture et permettre aux artistes franco-mexicains de témoigner de leurs différences.

Terminé, il n’y a plus rien à voir …  plus de Mexique, plus de Franco-Mexicains …
qu’importe tout le travail mis en place, qu’importe les espoirs, les histoires entamées, le temps de bénévolat et l’argent engagé par de petites gens … il y a des raisons supérieures !

Notre propos n’est pas de juger de ce débat, ni de dire qui a créé cette situation, ce n’est pas notre rôle et nous ne sommes sûrement pas assez informés.
Nous sommes otages d’un débat, qui nous concerne bien entendu, mais qui est autre.

Alors à notre manière nous passons outre et nous organisons en Juin une exposition-rencontre de six artistes sous le titre : Mexique  2011, l’année qui passe…

Cette exposition sera prochainement présentée dans la lettre d’information artLIGRE et Mots de Pass’

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Ma France est celle de Jean Ferrat !

Ils n’en finissent pas tes artistes prophètes
De dire qu’il est temps que le malheur succombe
Ma France

Il y a maintenant un peu plus d’une année que Jean Tenenbaum, dit Jean Ferrat, a brusquement refait surface et reconquis la jeunesse en ne faisant rien d’autre que de tirer sa révérence.
Lui qui jamais n’a cherché à occuper le devant de la scène, avait bien le droit de chanter « Ma France »  sans être soupçonnable d’un quelconque esprit identitaire.
Fils d’un joailler juif émigré de Russie déporté à Auschwitz, son enfance entre 10 et 15 ans est celle d’une famille poursuivie par la gestapo qui se cache et se déplace, trouvant

refuge dans des familles communistes, protégée par la résistance, souvent dispersée en zone ‘libre’… «  Nul ne guérit de son enfance »
Il doit travailler dès 16 ans en abandonnant ses études, une vie sérieuse et sans tapage qu’il quitte cependant dès l’âge de 24 ans pour une bohème d’artiste sans rien changer à son attitude volontariste, indépendante et perfectionniste dans l’efficacité la plus simple.

Le miracle des chansons de Ferrat c’est de pouvoir être reprises par tous et en cela elles forgent une communauté, créent du lien. Nous ne les avions pas oubliées mais nous ne les avions pas transmises  et la jeune génération est très étonnée de nous entendre chanter en chœur des airs et des textes idéologiquement aussi forts. Quand on se rassemble, devant un feu, pour chanter Hugues Aufray l’amitié est franche et facilement chaleureuse, puis vient une chanson de Ferrat et tout devient plus dense, plus rude, plus poétique, plus vrai. L’amitié de passage fait place au compagnonnage.  Les esprits forts diront que tout ceci n’est que rengaine facile et idées à trois sous. Certainement pas, car si c’était le cas pourquoi la censure se serait elle acharnée sur ce baladin trublion, pourquoi ces airs auraient-ils étés aussi fredonnés, pourquoi auraient-ils trouvés leur place dans tous les milieux ?
C’est là encore une chose très surprenante dans le succès de Jean Ferrat d’avoir été accepté et porté par tous. Ferrat parlait juste, parlait diversité, ne se mettait jamais en avant, mais chacun de ses mots étaient retentissants de tendresse et de vérité. (et quand il lançait quelques brulots de combats plus sectaires, le succès était moins bon, ce n’était pas vraiment son registre). Que ce soit dans les mouvements de jeunes de tout bord, dans les MJC ou les foyers syndicaux, sur les électrophones des curés de gauche ou des familles bourgeoises, nous avons tous fait tourner les vinyles de Ferrat dans les années 60 et les titres de cette décennie sont encore dans toutes les têtes . Ce miracle fusionnel d’une génération correspond à une générosité à fleur de peau. Ferrat n’est pas seul, ils sont bien d’autres et peut être supérieurs. Les musiques et paroles de Brassens sont des bijoux de perfection, Brel nous chavire, Ferré nous emporte, ils ont chacun leurs inconditionnels,  et sur la photo de 1969 il n’y a pas Ferrat. Mais Ferrat est transversal comme une intelligence révoltée que nous  refusons de voir vieillir, une générosité que nous conservons dans sa droiture, Ferrat fait de la résistance.

« M’en voudrez beaucoup, si je vous dis un monde,
Où l’on n’est pas toujours du côté du plus fort »
Georges Coulonges

L’artiste est dangereux car il rassemble de manière populaire sans être gouailleur ou populiste et les idées sont évidentes. A 42 ans il se retire dans sa montagne d’Ardèche sans rien perdre de son dynamisme mais la scène est trop fatigante. Ses textes sont parfois plus ciblés, plus virulents aussi, toujours en prise avec le monde et la vie. Ses apparitions sont rares mais toujours marquantes. Bien que ce ne soit pas de son fait, le disparu inquiète encore, même ces anciens compagnons de route. Il n’est pas oublié et ne se drape pas dans la toge d’un vieux sage mais il en a la stature, ayant gardé sa totale liberté et acquis une totale indépendance vis-à-vis des majors et du fric. Alors rien d’étonnant qu’à sa mort tant de monde se rassemble dans sa montagne autour de ce fils d’émigré qui a toujours incarné la France dans son combat pour la dignité. La force calme de cet homme qui fut combatif sans arrogance, assumant ses choix, conscient de ses erreurs sans les renier, fidèle en amitié, curieux de tout sans perdre son bon sens, joyeux dans la poésie, fin dans l’humour et le ressenti,  est une leçon de vérité, d’efficacité et d’humanité.
Il nous reste l’image d’un honnête homme moderne, ses musiques, ses textes, sa voix et ce visage si présent.

Cet air de liberté au-delà des frontières
Aux peuples étrangers qui donnait le vertige
Et dont vous usurpez aujourd'hui le prestige
Elle répond toujours du nom de Robespierre
Ma France

PS : L’œuvre laissée par Jean Ferrat est considérable et parfois méconnue, textes ou musiques. On serait étonné du nombre de succès qui devraient lui être attribués, en totalité ou partie. Il va travailler avec les plus grands paroliers : Michelle de Senlis (auteure de Mon Vieux, sur une musique de Jean Ferrat, qui deviendra le grand succès de Daniel Guichard sans que jamais, du moins en public, leurs noms ne soient cités). Isabelle Aubret, son amie de toujours, lui doit son grand succès « Deux enfants au soleil » sur des paroles de Claude Delécluse.  (Senlis et Delécluse, voilà deux noms qui nous rappellent Piaf, elle n’oubliait jamais de citer ses auteurs avant chaque chanson). Il va écrire et composer pour beaucoup d’interprètes et ce sera toujours de fortes histoires d’amitié très diverses. « Eh l’Amour », « Mon Bonhomme » pour Zizi Jeanmaire qui lui offrira la première partie de son spectacle à l’Alhambra et ce fut sa première longue et grande scène. (Ma grand-mère m’y avait emmené pour me déniaiser. Ce fut ma première rencontre avec Ferrat qui lui faisait penser à Montand.) Ferrat est d’abord reconnu par la profession et collabore avec les poètes : Henri Gougaud, Georges Coulonges …et bien sur Louis Aragon. Son admiration pour Aragon ne s’arrêtera pas. Dès 1956 il met en musique « Les Yeux d’Elsa » interprété par André Claveau et il continuera jusqu’en 1994 « 16 Nouveaux poèmes d’Aragon ».Quand il ne chante pas Aragon, il s’y réfère « La femme est l’avenir de l’homme ». Ferrat va aussi être traduit, particulièrement en allemand. Une adaptation de « la Montagne » en flamand deviendra un tube en 2008 aux Pays-Bas. En fait Ferrat n’a jamais vraiment été oublié.
Sources archives personnelles, petits formats, wikipédia, Seghers, presse d’époque …/…

Nous sommes preneurs de toutes informations. C’est ainsi qu’en nous documentant pour cet article nous avons retrouvé sur You Tube une vidéo de Jean Arnulf dans son extraordinaire interprétation de « Points de Vue », une chanson superbement poétique qui a interpellé la conscience sociale de toute une jeunesse. Cette chanson a aussi été interprétée par Christine Sèvres, chanteuse talentueuse et exigeante qui fut l’épouse de Ferrat pendant 15 ans.

Pour trouver des anciens vinyles de Ferrat, nous vous conseillons la boutique de Marie Pierre.
Pass’age 57 rue Bourbonnoux 18000 Bourges.

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Petits livres

Rien n’est plus plaisant que les textes courts et denses. Ce sont des petites lectures qui le temps d’un voyage en train ou d’une détente dans la baignoire nous restent longtemps en mémoire et par petites touches impressionnistes font notre paysage intérieur.
Quand on referme l’ouvrage, on est arrivé, on est ailleurs et un peu différent.

Isabelle Jarry  « Au désert » Ambiance et environnement psychologique du voyage au désert  (La compagnie de Théodore Monod n’est qu’un prétexte). Une traversée, une parenthèse…la longueur, l’inutilité. Attention à ne pas quitter en route, il ne resterait rien de l’expérience de cette lecture. Un voyage inachevé n’est pas une traversée.
Desclée de Brouwer littérature ouverte 2002 (14 €) occasion 7 €

Rainer Maria Rilke  « Lettres à un jeune poète » S’il est un livre qui devrait être en permanence sur la table de chevet ou dans la poche c’est bien celui ci. Tout est dit sur la nécessité de la création et qu’importe que le jugement sur l’œuvre.
Poche 3 € 80

Jean Genet  Le Funambule Genet en son état pur, entre désir et froideur, tout est à sa place dans ce poème en prose, petit chef d’œuvre d’écriture tendue et vibratoire, fantasme scénique d’amour exacerbé. Avec une précision acérée, l’action est efficace et le dialogue impossible dans le perfectionnisme de l’instant. Le spectateur impuissant attend la chute…

Ce texte emblématique dédié à son ami Abdallah existe seul dans une jolie édition moderne  L’arbalète 12 €. Vous pouvez aussi le retrouver dans la plaquette « Poésie Gallimard » réédité à l’occasion du centenaire de Genet accompagné de l’intégral du « Condamné à mort » 2 €

Les textes courts, recueils d’aphorismes et d’impressions, conseils, humeurs, coups de gueules …sont un excellent motif de collection et une occasion de diversité. Régulièrement nous vous en présenterons mais vous pouvez aussi en trouver quelques anciens à la boutique.
Exemples : La Province (François Mauriac) 8 € ; Après la Victoire (Jacques Maritain) 18 € ; Dernière saison (Maurice Clavel 7€) La Prière (Alexis Carrel) 3 € …./….

 

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Coup de cœur

Saluons l’ouverture de « La Fabrique » au 2 rue Emile Zola à Bourges.  Ce lieu très sympathique est bien dans l’esprit de ce que nous cherchons à développer en Berry et chez artLIGRE à Paris. 3 artistes-artisans à la recherche d’espace-atelier se sont réunis pour créer en plein centre ville. Valérie Vayre travaille le verre à la flamme, Emilie Chaillou la céramique en technique de raku, Pierre Benoit animera bientôt des ateliers d’art plastique.
Ce lieu invitera aussi d’autres artisans pour des expositions temporaires ou permanentes. (Les petites bêtes en fil de fer de Jonathan).
Décidément le Berry est bien une pépinière de talents et ce genre d’initiative correspond exactement aux idées que nous préconisons au sein de « Berry Convergences ».

lafabrique.bourges@hotmail.fr Mercredi au Samedi de 14 h à 18 h -2 rue E Zola Bourges

Art-décoratif chez artLIGRE

En Mai artLIGRE continuera à accueillir des artistes-artisans. Les Falupos de Fabienne et les lampes de Loïc poursuivent leur carrière et vont bientôt être rejoints par d’autres pièces uniques. Suivez attentivement les lettres d’information d’artLIGRE en faisant attention qu’elles ne partent pas dans vos spams parce que nous joignons des images.

Berry Convergences

L’association se muscle en accueillant de plus en plus d’adhérents. La commission culture prépare actuellement une rencontre débat qui aura lieu à l’IUT d’Issoudun le 16 Juin. Nous avons invité Steve Baccarard qui fut un des proches d’Edouard Glissant et qui est l’un des principaux animateurs de l’Institut du Tout Monde. Il nous parlera de Glissant et de sa vision du monde moderne autour du thème « Les petits pays ont de l’avenir dans la mondialisation ». La table ronde évoquera la pertinence du territoire berrichon pour des actions culturelles, l’intérêt de la diversité et de la proximité, la liberté et la démocratie dans les politiques culturelles…
Retenez donc dès maintenant votre soirée du 16 Juin.

Pour adhérer à Berry Convergences, suivre l’actualité et les contributions de l’association
http://berryconvergences.overblog.com

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Merci de diffuser notre courriel si vous appréciez nos textes
et si vous désirez que d'autres personnes en soient informées !

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