artLIGRE Espace culturel                                                                  Librairie ancienne et événementielle  
               PARIS                                                                                                                                                                                                                                              BOURGES

 COURRIEL DE FEVRIER 2012

En Février chez artLIGRE


Nous vous invitons à venir nombreux à l’occasion du vernissage et tant pis s’il fait encore froid, et si l’espace est petit. Pour beaucoup d’entrevous ce sera la veille des vacances, ce sera déjà une évasion et une mise en condition apaisante. Ce Mardi 14 est le jour de la Saint Valentin ! Clin d’œil du calendrier, car l’artiste que nous accueillons mérite la rencontre, au-delà de ses œuvres soumises au ressenti de chacun. Il émane de cet homme jeune, une force calme, un amour de la vie et de la nature, un réalisme sain qui fait du bien. Il n’est pas de hasard et nous n’avons pas été surpris d’apprendre qu’Olivier est aussi bénévole chez les Petits Frères des Pauvres (si proches de nous via « Pour Que l’Esprit Vive et l’abbaye de La Prée). Ce dialogue artistique est aussi humain et nous souhaitons vous y associer tous.

(Une présentation plus détaillée du travail et du parcours d’Olivier Geffard sera en ligne sur le site www.artligre.com  (expositions et artistes).

Merci de faire connaître cette exposition

 

Petit éditorial en guise de vœux tardifs pour une  année 2012, elle-même vouée à la réflexion.


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* A la lecture de François Sentein
« Minutes d’un libertin » Septembre 1940.

** Photo de François Sentein, extraite d’un excellent article de Laurent Dandrieu dans  Valeurs Actuelles du 10 04 2000, peu après le décès de FS, article préalablement publié dans
Le Spectacle du Monde et que nous vous invitons à lire avec intérêt.

Temps de crise et d’espérance de liberté*

Serions nous plus légers, plus aptes à réfléchir, enfin libérés de toutes les affirmations péremptoires sur  la marche du monde, l’organisation de la société parce que c’est la crise ?
Parce que flottant entre deux eaux, libérés des impératifs du paraitre, nous atteignons le fond et ressentons enfin le socle solide dont nous réalisons l’immensité.
Alors nous prenons conscience de ce que nous sommes, d’où nous sommes issus et de tout ce que l’on ne choisit pas.
Tandis que certains continuent à vitupérer leur mystique de pacotille, espérant rallier les faibles aliénés de peur parce qu’ils ont perdus depuis longtemps ou se sentent dépossédés de leur identité.
L’identité c’est ce dont on ne peut s’affranchir, c’est notre espace de liberté que ni l’état, ni l’organisation du monde n’ont le droit de nous priver. Nous avons évolué dans notre culture, notre environnement, notre famille… On ne peut nous prendre ce dont nous sommes issus  et c’est à partir de cet espace que nous avons pris « le goût de créer et de transmettre »*.
« Le premier mouvement d’un homme normal, c'est-à-dire d’une conscience libre, doit être de se révolter contre ce qui lui est imposé… »*

En période électorale reviennent en force les slogans, les terminologies réductrices, les discours furibonds, les exclusions, les images de marques, les attitudes de séduction…ne nous laissons ni impressionnés ni imposés quoi que ce soit, soyons militants de nous mêmes à la rencontre de l’autre. Et tant mieux si la liberté ne se vit jamais mieux que dans l’effondrement des systèmes.

Bruno Siméon

Mots de Pass’ va essayer de se procurer les livres de cet auteur et vous le présenter de manière plus détaillée dans un prochain courriel. Outre le premier volume des « Minutes d’un libertin 1938/1941 » de FS, encore disponible chez Gallimard (collection le promeneur 22 €), les amateurs de Jean Genet peuvent se procurer (sur commande à la Poterne à Bourges,par exemple)  « Les Lettres au petit Franz ». Il s’agit d’une correspondance de JG à FS en 1943/44 , lors d’un séjour en prison (pour vol de livres). FS découvre et aide un jeune « malfrat » dont il a deviné le talent littéraire.  Gallimard (le promeneur 14 €).

Librairie La Poterne 41 rue Moyenne Bourges 02 48 65 09 65

 

Nouveau chez Mots de Pass’ et artLIGRE  « Livres neufs et DVD »

Le but d’une librairie « bouquiniste » est de chercher les vieilles éditions, les titres épuisés, les vieux documents, les livres d’occasion à petits prix…bref de vous installer un dédale de piles de livres (aussi bien classés que possible) où vous aurez plaisir à fouiller et cela nous savons le faire.
Depuis quelques temps nous nous sommes donné une nouvelle mission en vous proposant des livres peu diffusés, provenant de petits éditeurs indépendants et spécialisés.
Pour l’instant nous complétons ainsi deux de nos rayons par des livres neufs difficiles à trouver.

Poésie-Chanson Livres
     
Pierre Philippe - Gaston Couté - Bernard Dimey - Félix Leclerc - Georges Chelon - Eugène Bizeau - Bobby Lapointe - Mouloudj i - Léo Ferré - Pierre Louki-Brigitte Fontaine - Georges Moustaki - Gilles Vigneault - Gabriel Yacoub - Gilbert Lafaille - Bernard Lavilliers - Francesca Solleville …

Littérature-Patrimoine du Berry  Livres et DVD

George Sand - Alain Fournier - Raymonde Vincen t - Michel de Bourges - JeanLouis Boncoeur - Pascal Pauvrehomme - Maurice Sand - Benjamin Rabier…. Boischaut Chateauroux Gargilesse Bourges...


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Soldes d’éditeurs en quantité limitée

Les 10 volumes de l’ « Histoire de ma Vie » de George Sand,(Christian Pirot) vendus 100 € soit plus de 50 % de remise. « Bourges cité royale » de JY Patte, illustrations de Ph Lorin (Lancosme)  15 € soit -50%, Marcel Dussault « Le roman d’un forçat de la route » (Lancosme) 7€ soit - 30%.

Vous trouverez d’ici une semaine ces livres en ligne sur notre site ecommerce artLIGRE.
Nous contactons d’autres éditeurs pour étoffer ce service.

 

La fin des librairies ?

La fin du livre est loin d’être une évidence car l’édition produit mais la disparition des librairies, qui est une tendance déjà bien avancée, montre la précarité de la situation de l’imprimé.
Le monde change bien entendu et il ne s’agit pas de renoncer aux nouvelles techniques de communication ni aux nouveaux supports de médias. Nous ne sommes pas des dinosaures mais des acteurs de notre époque.

Les libraires ont d’ailleurs étés parmi les premiers à utiliser l’internet pour échanger et le e-commerce pour vendre. Ce qui était une innovation de communication est même devenu rapidement une obligation de survie pour un grand nombre d’entre eux. Ceux qui ont refusé cette évolution, considérant que la vente du livre ne peut être anonyme, sans rencontre avec le lecteur ont commis une vertueuse erreur. On ne va pas contre le courant, il convient de l’utiliser en le canalisant. Le web est aussi un lieu de rencontre autant qu’une possibilité de présentation détaillée et argumentée. Malheureusement le livre neuf vendu en e-commerce échappe le plus souvent aux petits distributeurs au profit des grossistes ou des groupes, quand ce ne sont pas les éditeurs qui vendent en direct sous des pseudos.

Les Hypers ont depuis longtemps fait du livre un produit de consommation impersonnel, en l’installant en self-service. Là ne sont sélectionnés que les produits de diffusion massive à forte rotation de vente. Le libraire généraliste se trouve ainsi siphonné de la clientèle « grand-public » dont il a besoin pour assurer le quotidien et financer l’espace de liberté qui permet  le risque de la singularité. Soumise au mécanisme de la rareté, la singularité sera plus chère et réservée à un public érudit disposant de moyens, tandis que le grand public sera cantonné à une offre standardisée purement commerciale; ainsi on creuse insidieusement les frontières sociales et l’on muselle les capacités de jugements.

Les très grandes librairies généralistes de centre ville, véritables halls de la culture, emblèmes des villes vivantes, ont les moyens de monter des sites très complets (le furet du nord)  mais se heurtent à des problèmes de rentabilité en rapport de la valeur locative de leurs emplacements. La culture n’aurait-elle plus sa place en ville, le livre, comme le cinéma, sera t’il relégué en périphérie ?

Les enseignes multi-produits culturels ou de médias (Fnac, Cultura, Espace culturel Leclerc…) pensent avoir trouvé la solution en diversifiant les familles de produits (photos, sons, beaux arts, médias…) mais ceci est toujours au détriment du conseil (on ne vend pas un livre comme une cartouche d’encre). Comment faire l’effort d’un personnel formé à un domaine aussi peu rentable et  aussi vaste ?  Il est plus facile de réduire les rayons aux produits sans risque et à forte marge, en imitant les hypers que l’ont va souvent rejoindre au milieu des parkings. On fera juste l’effort d’introduire quelques livres de voyages, de photos et les titres les plus courants de la culture consensuelle. Ainsi  le livre sera utilisé comme image culturelle et tant pis si l’on va vers la standardisation des esprits. Pour tout compliquer, prolongation logique, voici l’apparition du livre numérisé dont les appareils de lecture sont justement vendus sous ces grandes enseignes.

La librairie d’occasion, d’ancien, de bibliophilie et d’ouvrages épuisés, habituée à l’édition de catalogues, s’est vite adaptée aux nouvelles technologies. Pourtant, là encore, le libraire a des soucis à se faire car la vente d’occasion via internet est ouverte à tous et ce qui pourrait être une solution écologique de recyclage (au sens de remise en circuit d’un article d’occasion) devient rapidement un commerce d’appoint pour nombre de particuliers qui achètent (sur les brocantes ou dans les ventes aux enchères…) des livres pour les revendre. Acheter pour revendre c’est l’acte de commerce type et celui-ci est fait sans contrôle ni charge créant une concurrence déloyale. Le téléchargement de textes et documents et la mise en ligne de quantité d’informations bouleversent aussi le métier. On vient moins fouiller chez le marchand de papier, sauf le collectionneur qui cherche le document sur son support original.
Regretter cela est parfaitement inutile, profitons avec discernement de ce fabuleux outil de recherche que nous offre l’interconnexion, avec la même circonspection que nous développions à l’analyse d’un document. Quand à la poésie des lieux, ne pleurons pas, elle ne serait pas si elle n’était recouverte de nostalgie.

Le livre objet risque-il donc de disparaitre ? La vraie question n’est pas de savoir si nous avons encore besoin du livre mais si nous avons encore envie du livre, si notre rapport au livre  peut être remplacé ? Le livre est un objet identifiable que l’on peut protéger ou maltraiter, qui va vieillir, se charger de ressenti… « Objets inanimés… ! »; il n’est jamais déconnecté, il fait corps avec le texte; le jeter ou le détruire est souvent considéré comme un crime dont le comble du signifiant est de le brûler. Le livre est à l’écran ce que le manuscrit est au livre. Effacer un texte en mémoire électronique est sans importance; on fait disparaitre plus facilement ce qui a peu d’existence. A l’inverse, nous nous hâtons d’imprimer une information ou un texte trouvés sur le net qui nous touche. Si donc l’écran peut être un support de lecture, avec des avantages évidents de transport, de contenance et même (à voir?) de facilité de consultation, il n’aura jamais la charge affective de l’objet livre qui peut aller du livre de poche au chef-d’œuvre d’artisanat. Ne pas être remplacé ne veut pas dire ne pas disparaitre et le risque de disparition sera évident si le livre n’a plus d’intérêt économique. Peut-être n’achètera t’on plus de livre comme on n’achète plus de journal, non parce qu’il ne plait plus mais parcequ’il ne sera plus distribué.
Ce qui menace donc le livre, ce n’est pas la technologie qui aura une influence évidente  sur son évolution, mais c’est notre société qui privilégie l’argent, la facilité, la standardisation.
La loi Lang, qui est sans cesse remise en question au nom de la sacro-sainte  liberté de la concurrence, a pour l’instant relativement protégé la profession. Nous voyons bien que contre la finance il faut inventer autre chose, c’est une vraie question de société.

La première démarche est de fréquenter les librairies, un des derniers lieux où l’on parle et où l’on échange. C’est aussi le seul moyen de soutenir l’édition indépendante qui a besoin des libraires.

 
Votre cadeau                  

En guise de cadeau de début d’année, nous vous invitons à lire une vieille histoire qui vous mettra peut-être sur le chemin d’un trésor liquide et lumineux, bien apte à vous réchauffer par ces temps glaciaux…la modération s’impose si vous ne voulez pas que l’histoire revienne  sur elle-même…. Méditez la leçon et admirez l’efficacité sociale et chaleureuse du berrichon futé.

Le goupillon et la fillette. Histoire sincère et véritable à ne pas divulguer. ICI LE LIEN
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